Petit corps fragile, menu, plus que menu...
Petite silhouète que l'on voit arpenter les rues, dès petit matin pour faire ses courses.
N'essayez pas de lui proposer votre voiture .. non, elle aime sa liberté et préfère se maintenir en forme.
Je la vois lorsque nous randonnons, toujours devant, et faisant l'admiration de tous.
Et les "Mais on s'arrête ? Ah bon il faut se reposer ?"... en on surpris plus d'un !
Je lui crie dessus quand je la surprend montée sur son arbre à élaguer les branches, avec son ..."Hé bé il faut bien le faire !".
La vie ne lui a rien offert gratuitement, et c'est son travail qui lui a permis chacun de ses voyages, chacun de ses petits plaisirs... il faut l'entendre dire : "et j'ai pû faire çà sans toucher à l'argent du ménage, rien qu'avec mes heures !!".Elle en a ramassé des salades, coupé du bois... c'est la première saison qu'elle ne fait pas les vendanges !
Bien sur, depuis que le papy a pris la route d'ou l'on ne se retourne pas, elle chante moins en marchant... j'aimais l'entendre tout d'un coup égrenner une de ses chansonnettes qui me rappelle les repas de famille d'avant, ou l'on attendait les ritournelles des grands tantes, toujours les mêmes...des petits airs qui résonnent dans les mémoires et peuvent être repris en choeur.
Bien sur, la silhouète est encore plus frêle, encore plus enfantine...
Mais le regard est toujours perçant, le rire rapide...
J'aime bien l'entendre dire "ma fille, ..", moi qui ne lui suit en rien liée famillialement.
Je n'ai plus mes grands-mères et bien sur, elle a ses enfants.
Je sais que nous sommes beaucoup a l'apprécier.
Aussi ce sont de multitudes de tendres pensées que j'adresse à cette amie qui aujourd'hui vient de souffler ces 80 bougies..........

